Mon argent à coeur battant

20- Amour et argent: leçons de 30+ années de mariage

Isabelle Saleh Episode 20

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Dans cet épisode, Jim — mon mari depuis plus de 30 ans — et moi partageons les succès, et les leçons financières qui ont marqué notre parcours : avant notre rencontre, au début de notre vie à deux et avec nos enfants.

Un échange sans filtre sur notre chemin parfaitement imparfait et qui tient la route.

Si tu es en couple — ou souhaites l’être — cet épisode est pour toi.

La vidéo de notre conversation est disponible en cliquant sur le lien ci-dessous:

https://youtu.be/-WWYmqA2iSs

Isabelle: Bonjour et bienvenue dans Mon argent à cœur battant, le podcast où on aligne notre argent avec ce qui nous tient vraiment à coeur. Comme cette semaine, la Saint-Valentin arrive, j'ai décidé de demander à mon mari, Jim, on est mariés depuis plus de 30 ans, de partager avec moi et avec toi les leçons de notre vie ensemble et les leçons par rapport à l'argent qu'on a appris au cours des années. Donc en premier, on va commencer par le contexte, donc comment on a grandi et notre situation avec l'argent. Donc, Jim, est-ce que tu veux commencer ?

Jim: Oui. Bonjour tout le monde. Je suis né aux États-Unis. J'ai grandi à Buffalo, New York, pendant les années 70 et 80. J'ai grandi dans une maison assez serrée. Je suis le plus jeune de douze enfants, donc, j'ai onze frères et sœurs, plus âgés que moi. Et mes parents étaient enfants de la Great Depression aux États-Unis. Donc, ils ont grandi aux États-Unis, pendant les années 30, disons, et on avait aussi mes grands-parents dans notre maison. Et nos grands-parents, du côté de mon père, étaient des émigrants du Liban. Donc, ils sont partis du Liban pendant des périodes de difficulté après la Première Guerre mondiale, donc, il y avait beaucoup de problèmes économiques. Buffalo, quand j'ai grandi là, c'était une ville assez... La vie économique était difficile là-bas aussi. Donc, j'ai vu que mon père a perdu son job deux fois pendant mon enfance. Donc, c'était un peu difficile. Et il y avait des moments où on pensait que peut-être il ne pourrait pas travailler. On aurait pu ne pas avoir assez d'argent. Donc, c'était difficile.

Isabelle: OK. Merci. Oui, en effet, c'est une situation un peu particulière. Mais en fait, il y a beaucoup de personnes, j'imagine, qui sont dans des situations difficiles pour des raisons sûrement différentes. Moi, j'ai grandi dans le sud de la France, comme mon accent le prouve. Et mes parents, en fait, se sont rencontrés parce que les parents de ma mère n'avaient pas assez d'argent, en fait, pour que ma mère, pendant les vacances, rentre chez elle et en fait, c'était une amie à ma mère qui l'a invitée et son frère c’est devenu mon papa. Donc, en fait, moi, j'ai grandi, pareil, dans une situation où l'argent était un peu difficile. Il n'y en avait pas énormément. Je viens d'une famille de quatre, donc je suis l'aînée de quatre. Et ma maman restait à la maison pour économiser de l'argent. Et mon père a quand même pris des risques. Il était employé, puis il a vu qu'il n'y avait pas assez d'argent, donc il s'est mis à son compte. Mais pareil, l'argent, ça arrivait, ça sortait. C'était un peu difficile parfois. Donc, ce qui a aidé, c'est que mon père a beaucoup parlé d'argent. Ma mère faisait très attention au niveau des dépenses.

Et l'autre chose, c'est que peut-être au niveau des leçons, il y avait cette idée au moins du côté de ma mère que l'argent c'était tabou, donc on n'en parlait pas. Et que ce n'était pas très chrétien d'avoir beaucoup d'argent. Donc ça, ça a eu un impact un peu sur moi. Donc voilà.

Après, Jim, quand tu étais adulte, avant qu'on se rencontre, quelle était la place de l'argent dans ta vie de jeune adulte ? Et qu'est-ce que maintenant tu te dirais “Ah ben, si j'avais à refaire ça, je changerais…”. Ou qu'est-ce que tu te dis, ben ça c'était bien de faire ça quand j'étais jeune adulte ?

Jim: Moi, quand j'étais jeune adulte, je suis allé à l'université pour faire mes études en tant qu'ingénieur. Donc, c'était vraiment focalisé sur trouver un métier, un job après. Ça a bien marché pour moi, mais vraiment, je voulais être avocat.

Donc, j'ai fait une étude vraiment focalisée sur l'emploi parce que ce période-là, il y avait plein de monde qui faisait les études avocats et mon frère aîné m'a dit que vaut mieux faire une étude comme ingénieur. C'était bien, mais j'aurais pensé plutôt avoir une éducation d'avocat.

Isabelle: Donc là, tu dirais si c'était maintenant, si tu sais tout ce que tu sais maintenant et tu savais ça quand tu avais 20 ou 25 ans, tu aurais continué une carrière d'avocat plutôt que d'ingénieur?

Jim: Oui, oui.

Isabelle : OK, très bien. Moi, pareil, faire les études, bien réussir, bien travailler, ça, c'était super important parce qu'encore une fois, la famille n'avait pas trop d'argent. Et là, entre comme on parle de relation et d'argent, bon, à l'âge de 20 ans, je n'avais pas de copain, je n'avais pas de relation et je me suis dit, oh là là, peut-être ça va être comme ça le reste de ma vie. Et donc, je me suis dit, je vais faire des études où je vais pouvoir gagner de l'argent, comme ça, je pourrais voyager.J'ai toujours eu envie de voyager. Donc, au niveau des leçons, je me dirais, ça, si c'était moi aujourd'hui qui parlait à Isabelle à 22, 23 ans de dire, bravo de te dire ça: tu n'as pas besoin de quelqu'un pour gagner ta vie, pour faire ce que tu veux. En même temps, penser que, c'est la fin, parce qu'à 20 ans, je n'ai pas rencontré quelqu'un, ça, non, évidemment, parce que j'ai rencontré Jim. On s'est rencontrés deux ans plus tard. Donc, voilà, ne pas penser que parce que quelque chose est difficile à un moment donné, ça va être comme ça pour le reste de sa vie. Après l'autre partie que je pense, peut être intéressante de discuter, c’est partager nos leçons, quand on s'est rencontré, puis quand on s'est marié, puis quand on a commencé à vivre ensemble. La place de l'argent dans notre couple. Donc, je ne sais pas, tu veux les leçons, les choses qui ont bien marché, que tu changerais par rapport à ça, Jim?

Jim: Oui, on était obligé de partir de Buffalo  parce qu'on ne gagnait pas assez d'argent. J'étais un peu nerveux niveau argent. Donc, chaque fois qu'on a perdu 20 dollars, 100 dollars, c'était un peu la catastrophe, parce que j'avais toujours cette sensation qu'on n'aurait pas un emploi stable, qu'on n'aurait pas assez d'argent. Donc, je crois que j'étais un peu trop focalisé sur l'argent. En fait, je voulais juste avoir la sécurité. Et je savais qu'on avait une hypothèque,un emprunt sur notre maison. On avait deux enfants. Ce n'était pas facile de trouver un boulot à Buffalo.

Donc, on a été obligé de partir. Et pour moi, c'était dur parce qu'avec les enfants, ils avaient des cousins-cousines là-bas. Et je ne voulais pas partir pour eux, mais on était obligé.

Isabelle : Oui, oui. Je me rappelle, on faisait les comptes ensemble. Et quand il y avait 20 dollars qui étaient sortis du compte en banque et que personne de toi ou moi, n’avait le reçu, on se disait, est-ce que quelqu'un d’autre l'a pris ?  Donc, on se stressait pour 20 dollars. Mais en même temps, 20 dollars, à l'époque, c'était beaucoup parce qu'on avait des dettes étudiantes, on avait acheté la maison. Par exemple, on avait “acheté” à ta sœur un meuble pour 100 dollars. On l'avait acheté en septembre et on lui a demandé si on pouvait le payer à Noël. 100 dollars parce que c'était vraiment serré.

Jim: Il y avait aussi une période où on était obligé d'acheter des courses, de faire des courses avec un Visa card. Donc, c'était...

Isabelle: Oui, mettre ça sur la carte de crédit parce qu'on n'avait pas assez. Donc, d'un côté, oui, on était stressé avec l'argent, mais il y avait des raisons derrière ça. Et je dirais, dans les leçons, c'est qu'on était tous les deux très crispés, énervés. Et des fois, c'était Jim contre Isabelle, Isabelle contre Jim. Alors que maintenant, en y réfléchissant, ça aurait été vraiment plus utile de se dire, “OK, on est ensemble, on va trouver une solution”. Mais bon, on était jeunes.On a fait du mieux qu'on a pu. Et finalement, financièrement, ça a bien marché. Après, je dirais, la troisième partie, qui peut être utile à partager avec toi, la personne qui écoute, notre auditeur ou auditrice, c'est justement par rapport aux enfants. Donc tu en as un peu parlé, Jim, mais en regardant maintenant, parce que nos enfants ont presque 29 et presque 32 ans, les choses qui ont bien marché dans l'éducation des enfants par rapport à l'argent, les choses que tu changerais, à quoi tu penses pour ça ?

Jim: Je crois qu'on a passé cinq ans en France. Je crois que c'était bien pour les enfants, parce que les écoles en France sont très disciplinées. Et pour Benjamin, un de nos enfants, c'était une bonne chose. Et on a passé pas mal de temps à Toronto. Donc, ils se sont fait de bons amis. Ils ont fait la grande partie de leurs études ici au Canada. Je crois que c'était bien qu'on a changé pour quelques années, parce qu'ils ont fait des nouvelles expériences en France et en Europe, ce qui a ouvert leur esprit un peu.

Isabelle: Oui, oui, je suis complètement d'accord. Moi, ce que j'ai trouvé aussi pareil là, l'expérience en France, ça a été pour Thomas aussi, découvrir la philosophie et découvrir que oui, l'argent est important, mais il n'y a pas que ça. Et puis, voilà, découvrir une culture différente. Et par rapport à l'argent, moi aussi, c'est cette idée que la culture et l'attitude par rapport à l'argent, c'est pas fixé, ça peut changer. Je pense que ce qu'on a bien réussi, c'est de parler d'argent très tôt ou assez tôt aux enfants, leur expliquer que voilà, il y avait des choix: on allait en France tous les ans quand ils étaient petits, mais du coup, il fallait faire attention ailleurs; il y avait des économies à faire de temps en temps pour justement se payer les choses qui étaient importantes.

Jim: Et vraiment, nos voyages en France n'étaient pas des grandes vacances. C'était pour aller voir la famille, pour rester avec la famille. Donc, on n'a pas dépensé beaucoup, c'était juste les billets d'avion plutôt que...

Isabelle: Oui, c'est ça. On essayait de dépenser le moins possible, mais bon, quand même, il y avait quatre billets pour aller en France, ou après quand on était en France pour venir tous les ans. Et puis bon, c'est quand même un budget. Et après, la chose peut-être que moi, je changerais, c'est d'avoir un budget. Si il y a une famille qui nous écoute, là, quelqu'un qui a des jeunes enfants, c'est peut-être d'avoir un budget ou d'avoir un peu de temps pour faire des choses juste en couple. Parce qu’avec des jeunes enfants, c'était compliqué parce que ma famille était en France, La famille de Jim n'était pas disponible, soit les parents n'étaient pas disponibles tout le temps pour garder les enfants ou après trop vieux. Et après les autres travaillaient. Donc, on n'avait pas beaucoup de personnes pour nous aider, mais c'est vrai que ça vaut la peine quand on est parents de jeunes enfants, de se faire un budget, de passer du temps et mettre un peu d'argent de côté pour faire des choses en couple, pour garder son couple, et pouvoir discuter et avoir une bonne relation de couple. Est-ce que tu as des choses à ajouter Jim?

Jim: Oui, j'aurais aimé avoir voyagé moins parce que j'ai suivi un métier et c'était consultant,  donc j'ai beaucoup voyagé. J'aurais préféré moins voyager pour les enfants et pour toi. Mais à part ça, on a gagné notre vie, c'est ça.

Isabelle: Et puis voilà, donc ça fait plus de 30 ans qu'on est mariés, presque 35 ans qu'on est ensemble. Et puis, on a atteint l'indépendance financière. On a des enfants qui réussissent bien, qui sont mariés, qui sont heureux. Donc, au final, ça a bien réussi. Et voilà, j'espère que toi, si tu nous écoutes, notre auditeur, auditrice, tu vas tirer quelque chose qui va t'aider dans ton couple.

Bonne Saint-Valentin, à toi que tu sois en couple ou si t'es tout seul, pour que tu te chouchoutes ce jour-là. Merci et au revoir.

Jim: Bisous.

Isabelle: Bisous, bye.